Titres-services : une leçon d’élasticité pour le conclave budgétaire
Une carte blanche signée par Emmanuel Degrève, conseiller fiscal, a montré que le prix juste peut transformer l'économie de l'ombre en économie formelle. Les décisions budgétaires ont un impact économique et un coût caché, qui se révèle lors des titres-services.

Le gouvernement fédéral doit trouver dix milliards d'euros d'ici 2029 pour la déclaration de politique générale. Les titres-services, lancés en 2004, ont permis de transformer une économie souterraine en économie formelle, avec près de 145 000 travailleurs, dont plus de 95 % de femmes. Le prix, mis en place par l'État, a permis de réduire le travail au noir dans l'aide ménagère, mais a aussi généré des coûts pour les finances publiques. En Flandre, le titre a augmenté de 7,20 euros, tandis que dans la Wallonie, il reste à 20 centimes. Le secteur a perdu 2 814 emplois en un an, et le volume de travail a reculé de 2,5 %. Le marché subventionné reste un marché où le prix détermine qui y entre, reste et sort. La croissance, troisième voie du conclave, ne se décrète pas : elle se préserve d'abord en ne détruisant pas ce qui fonctionne.
Lalibre.be
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