7 octobre, l'absence de nom
Le 7 octobre, l'absence de nom révèle un indicible, propice à l'enfouissement. Le mot « génocide » a été utilisé pour décrire des massacres, mais il s'agit d'une inversion historique et politique.

Le 7 octobre, l'absence de nom révèle un indicible, propice à l'enfouissement. Le mot « génocide » a été utilisé pour décrire des massacres, mais il s'agit d'une inversion historique et politique. L'effroi du 7 octobre a été enseveli, devenu un malheur juif, car il fut recouvert par le mot « génocide ». La cruauté du 7 octobre faisait partie du plan du Hamas, tout comme l'exhibition de dépouilles de femmes dénudées au milieu de foules enthousiastes. Assumant le sacrifice de son propre peuple, Sinwar, l'architecte du 7 octobre, avait écrit qu'il envisageait d'Israël une riposte nucléaire. La démesure de la réponse israélienne, espérée par le Hamas, transformée en vengeance contre les Palestiniens, la destruction effroyable de Gaza et ses dizaines de milliers de morts, allait servir son objectif. Il fallait délégitimer l'existence même d'Israël et pour cela, en finir avec la mémoire de la Shoah. Le mot « génocide » et surtout la criminalisation des juifs, déclarés « génocidaires », furent au cœur de la propagande du Hamas. La nazification des juifs et d'Israël a une longue histoire qui a précédé de loin les massacres de Gaza et même l'occupation illicite des territoires palestiniens. Utilisé dans les cercles fascistes et négationnistes dès le lendemain de la guerre, le mot génocide a été régulièrement retourné contre les juifs. Cette inversion a été reprise dans la propagande stalinienne et dans celle du nationalisme arabe pendant des décennies avant que l'islamisme n'en hérite.
L'Obs
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