Le « pervers narcissique » : une étiquette sociale pour décrire des conflits et des rapports de pouvoir
Le terme « pervers narcissique » a pris une place croissante dans les médias et les conversations, malgré son absence dans les classifications psychiatriques officielles. Il s’agit d’une étiquette sociale qui permet de nommer des expériences relationnelles complexes et de simplifier des rapports de pouvoir souvent ambiguels.

Le « pervers narcissique » a pris une place croissante dans les médias et les conversations, malgré son absence dans les classifications psychiatriques officielles. Il s’agit d’une étiquette sociale qui permet de nommer des expériences relationnelles complexes et de simplifier des rapports de pouvoir souvent ambiguels. Le terme a évolué de contextes criminelles à des situations quotidiennes, devenant une forme de réactivation d’imaginaires anciens. Il permet de structurer des récits conflictuels et de rendre lisibles des situations souvent floues. Dans un contexte social marqué par une forte valorisation du bien-être psychologique, le « pervers narcissique » offre une grille d’interprétation synthétique des rapports humains. Il agit comme un raccourci narratif, permettant d’identifier rapidement un responsable, de structurer un récit conflictuel et de rendre lisibles des situations relationnelles souvent floues ou difficiles à décrire. Cette figure témoigne d’un phénomène plus large de psychologisation des rapports sociaux, où des situations auparavant interprétées en termes sociaux ou politiques sont désormais traduites dans le registre émotionnel et relationnel. Le « pervers narcissique » contribue à déplacer et parfois à dépolitiser des rapports de pouvoir structurels vers des lectures centrées sur les comportements individuels.
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